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COP22 : Les élus locaux demandent un meilleur accès aux financements


Le second Sommet des élus locaux et régionaux pour le climat s’est tenu le 14 novembre à Marrakech dans le cadre de la COP22. Issus des grands réseaux internationaux d’élus locaux, les responsables venus de 114 pays, avaient choisi pour thème de leur rencontre “financer la mutation durable des territoires. Un an après la signature de l’Accord de Paris sur le climat, les élus locaux ont placé l’accès aux financements localisés au centre des débats, pour faire des gouvernements locaux et régionaux du monde entier les “champions de la mise en œuvre de l’Accord de Paris".

Les élus locaux se sont mis d’accord sur une “Feuille de route pour l’Action des Villes et Régions du Monde pour le Climat“ (en fichier joint ci-dessous). Ils appellent à une intégration de la dimension climat dans les pratiques, cultures, ingénieries, choix d’investissement, et canaux de distribution des acteurs de l’écosystème de la finance publique et privée, mondiale et locale. Les collectivités territoriales souvent limitées par les contextes réglementaires de la décentralisation financière ainsi que la disponibilité du capital pour des investissements de long terme ont insisté sur la définition de projets finançables, la création de capacités à même d’attirer les investissements et de déployer des programmes d’investissements vers le segment infranational et local, ainsi que sur le besoin d’intermédiations financières afin de créer des conditions de financement des projets locaux et régionaux, au niveau domestique, à travers un soutien aux banques commerciales, ainsi qu’aux fonds de développement municipaux et autres dispositifs de financement groupé entre collectivités.

Les élus locaux observent aussi que les pratiques de coopération décentralisée intégrant le transfert de connaissances pair-à-pair sur le financement, et dans lesquelles sont engagées les villes et régions du monde, constitue “un axe majeur d’action pour l’accélération et le saut d’échelle de l’investissement local et régional“. Pour eux, les financements devraient également s’appliquer aux réseaux et coalitions thématiques de villes et régions puisqu’ils les rassemblent, et favorisent des partenariats et projets multilatéraux et opérationnels intégrant des échanges techniques sur l’adaptation au changement climatique et l’atténuation de leurs effets.

Les autorités locales demandent à accéder plus directement aux financements internationaux dédiés : Fonds Vert pour le Climat et Fonds Mondial pour l’Environnement, en particulier, mais également au sein des lignes de financement des banques bi et multilatérales de développement et des Institutions financières pour le Développement ; et intégrant les leçons des Fonds d’Investissement Climat en adoptant des stratégies pays afin d’accompagner les évolutions locales de manière continue, et en soutenant les intermédiations financières et les laboratoires de l’innovation financière.

La feuille de route adoptée par le Sommet des élus locaux et régionaux pour le climat insiste aussi sur la résilience des territoires et de leurs populations, précisant qu’elle peut reposer sur des dispositifs d’infrastructure et d’équipement low-tech et low-cost, décentralisés et hors réseau, à gestion communautaire, reposant sur des savoirs patrimoniaux sources d’innovation, et souvent en adéquation aux revenus des ménages inscrits au coeur des économies informelles. Pour cela les élus locaux appellent à un dialogue et une collaboration plus étroits entre acteurs publics locaux et régionaux et acteurs de la finance en vue d’une accélération de la mobilisation de financements pour le segment infranational et local, notamment vers les territoires fragiles et exposés, en particulier ceux d’Afrique, des Pays à bas revenus et des Etats insulaires, coordonnée avec les propositions de Partenariat Mondial pour la Localisation du Financement, et les travaux de la CCFLA (Cities Climate Finance Leadership Alliance, Alliance des villes pour le leadership de la finance climatique) et de l’ensemble des coalitions d’acteurs du financement public et privé.