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Succès du Forum de l’action internationale des collectivités à Paris


La septième édition du Forum de l’action internationale des collectivités s’est déroulée à Paris les 4 et 5 juillet 2016. Pour Roland Ries, président de Cités-Unies France, « il faut combattre l’idée que la  coopération décentralisée serait un luxe ». Il répond à nos questions

Cités Unies France que vous présidez vient d’organiser à Paris le 7ème Forum de l’action internationale des collectivités. Quel est l’objet de cet événement ?

Ce forum est devenu le rendez-vous institutionnel de l’action extérieure des collectivités territoriales françaises et de leur pays partenaires. Une quarantaine de délégations étrangères étaient présentes. Plus de 1.500 élus, cadres territoriaux, diplomates et dirigeants politiques du monde entier ont pu partager des solutions et des savoir-faire. Nous avons donné cette année une dimension européenne à ce forum avec notre réseau européen Plateforma, la plateforme européenne des autorités locales et régionales pour le développement.

Dans une contexte de baisse des dotations de l’État et, notamment pour les départements, de hausse des dépenses sociales, comprenez-vous que certaines collectivités s’interrogent sur la pertinence de leurs coopérations internationales ?

Je suis moi-même maire d’une grande ville et je ne méconnais pas cette question. Nous savons tous qu’un effort de rationalisation de la coopération décentralisée est nécessaire. On peut faire mieux avec moins. Cités Unies France travaille depuis des années à la coordination et à la mutualisation des coopérations en France et en Europe. Beaucoup de progrès ont été réalisés en ce domaine. Avec les élus et les cadres territoriaux, notre association cherche à rendre l’impact de la coopération décentralisée dans nos villes et territoires plus visible, plus explicite. Au delà des difficultés budgétaires, la justification du retour sur le territoire peut être légitime à condition de ne pas la confondre avec le retour sur sol. Dans son dernier livre, Pierre Hassner, spécialiste des relations internationales, explique comment les passions nationalistes et religieuses sont en train de prendre le dessus sur les passions universalistes. Il écrit combien ce qu’il nomme les passions tristes, comme la peur, sont en train de gagner la bataille et qu’il est grand temps de rallumer les passions joyeuses comme  la tolérance, l’intérêt pour les autres et bien sûr la solidarité. L’idée que la coopération décentralisée ou que l’action extérieure des collectivités serait un luxe qu’on ne pourrait plus se permettre est une idée qu’il faut combattre plus que jamais aujourd’hui.

L’action internationale des collectivités territoriales est-elle mieux reconnue aujourd’hui ?

Nous venons de vivre une séquence unique d’Addis-Abeba à la COP21 à Paris, en passant par la Conférence de New-York fixant les objectifs de développement durable pour les quinze prochaines années. Ces réunions convergentes sont en train de créer une conscience mondiale pour une gestion collective de la planète. Après des années de plaidoyer, la place et le rôle des collectivités territoriales sont enfin pris en compte, et pas seulement comme une sous-partie de la société civile. Il y a eu aussi la Conférence humanitaire d’Istanbul dont les collectivités étaient partie prenante et il y aura Habitat 3, à Quito en octobre, entièrement consacré aux questions urbaines. Il serait dommage qu’au moment où le monde découvre l’importance des collectivités territoriales, de leur expertise, que les collectivités françaises qui ont été pionnières dans ce domaine s’en désintéressent.